La vérité sur la visite médicale

  • 21.01.11

Les délégués médicaux : des professionnels formés, encadrés et certifiés, pour une information médicale responsable.

Les dysfonctionnements constatés autour du Mediator ont conduit le ministre de la Santé à engager une réforme profonde du système de sécurité sanitaire. Les Entreprises du Médicament sauront prendre toute leur part dans ce chantier, en étant force de proposition, à la place qui est la leur et dans le périmètre de leurs responsabilités.

Cette refonte du système s’accompagnera notamment d’un renforcement de la transparence dans les relations entre les acteurs (industriels, experts scientifiques, autorités sanitaires), afin de garantir l’indépendance et la neutralité de l’évaluation. Cet objectif d’amélioration de la transparence est légitime, et les industriels y contribueront au même titre que les autres acteurs du système.

Pour autant, le Leem dénonce les amalgames et les raccourcis réalisés par des personnalités publiques au sujet de la visite médicale, et en appelle au sens des responsabilités de chacun. Profiter de la publication du rapport de l’Igas sur le Mediator (15 janvier 2011) pour remettre en question l’existence de la visite médicale, alors que le rapport n’a pas mis en cause cette activité,  relève du procès d’intention.

Le Leem tient donc à rappeler que l’activité de la visite médicale s’exerce dans l’ensemble des pays industrialisés, et qu’elle répond, en France, à des règles déontologiques extrêmement strictes. Les professionnels de la visite médicale, dont les effectifs ont diminué de 24 % en cinq ans, méritent d’être traités avec respect et considération.

Des acteurs de l’information et de la pharmacovigilance

La visite médicale consiste à délivrer aux professionnels de santé une information médicale de qualité sur le médicament, et à en assurer le bon usage. La diffusion de cette information leur permet, en conscience et en toute indépendance, de choisir de manière éclairée la meilleure stratégie thérapeutique pour le patient, en fonction de sa situation médicale. Cette information doit notamment s’appuyer sur les données de l’Autorisation de Mise sur le Marché ainsi que les avis de la  Commission de la transparence dont les conclusions écrites doivent être remises à l’issue de la visite. Elle ne doit contenir aucun dénigrement des produits concurrents. 

Le délégué médical est également un acteur essentiel de la pharmacovigilance : il est chargé de signaler à son laboratoire toute information relative aux effets indésirables de ses médicaments que lui indiquerait le médecin.

Enfin, le délégué médical participe à la maîtrise médico-économique du système de santé, en informant le corps médical sur les données économiques relatives au médicament : indications remboursables et non remboursables, conditionnements les mieux adaptés, etc.

Des professionnels formés

La loi exige que toute personne qui exerce une activité de promotion du médicament détienne des connaissances scientifiques suffisantes, attestées par un diplôme. La liste de ces connaissances est fixée par arrêté, conformément au Code de la santé publique.

Les délégués médicaux font également l’objet d’une obligation de formation continue. Les entreprises du médicament, avec les partenaires sociaux, ont été à l’initiative de cette réglementation. Elles ont mis en place un système de contrôle des connaissances et des compétences extrêmement rigoureux, auquel se conforment la totalité des acteurs.

Des professionnels encadrés

Une réglementation stricte s’impose aux entreprises du médicament dans leur activité de promotion et de bon usage du médicament, afin de garantir l’éthique et la qualité des informations délivrées au corps médical.

Depuis 2004, une Charte de qualité signée entre l’Etat et l’industrie consacre les règles de bonne pratique élaborées par les entreprises du médicament. Cette charte indique notamment que l’information délivrée par le délégué médical doit s’appuyer sur les avis des autorités sanitaires. Elle interdit, par ailleurs, toute remise d’échantillons et de cadeaux par le visiteur médical aux médecins.

Une activité certifiée

A partir de cette charte, la Haute Autorité de Santé certifie la visite médicale de chaque laboratoire pour une durée de 3 ans, sur la base d’audits effectués par des organismes indépendants, auxquels s’ajoutent des audits annuels de suivi. Cette certification conditionne le remboursement des médicaments de l’entreprise par la Sécurité sociale.

Le référentiel de certification impose aux entreprises de mettre en place une véritable politique de qualité concernant la visite médicale et un suivi strict de l’activité des délégués médicaux. Il est notamment vérifié que le message oral transmis au médecin est bien conforme aux spécifications de l’Autorisation de mise sur le marché. De la même manière, les documents utilisés par le délégué médical font l’objet d’un dépôt auprès des autorités, qui peuvent ainsi contrôler leur adéquation avec l’AMM.

Toutes ces dispositions font partie de l’ensemble des règles qui encadrent scrupuleusement et intégralement le médicament tout au long de sa vie, depuis la demande d’autorisation de mise sur le marché jusqu’à la fin de sa commercialisation.