Maladies psychiatriques

La dépression est-elle vraiment bien prise en charge ?

La dépression est une affection fréquente : elle toucherait le tiersde la population française2 au moins une fois dans sa vie.   Cette maladie, difficile à identifier et dont l’intensité est souvent sous-estimée, représente un défi majeur de santé publique que les industriels tentent de relever au fur et à mesure des avancées enregistrées dans le domaine des neurosciences.

État des lieux

- La dépression peut s’installer sournoisement à la suite d’un épisode dépressif5 et devenir chronique : près de 60 % des patients6 ayant traversé un premier épisode risquent d’en vivre un second. Les personnes qui ont vécu deux épisodes ont sept chances sur dix d’en connaître un troisième. Celles qui en ont connu trois risquent dans 90 % des cas d’en traverser un quatrième. Les femmes sont deux fois plus souvent concernées que les hommes.
- La dépression est la première cause de suicide : près de 70 % des personnes7 qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression, le plus souvent non diagnostiquée ou non traitée.
- Une vingtaine de molécules permettent actuellement de prendre en charge la dépression, les dernières générations d’antidépresseurs présentant nettement moins d’effets secondaires désagréables.

Enjeux

- En 2020, la dépression sera devenue la première cause mondiale d’invalidité, après les maladies cardiovasculaires, tous âges et sexes confondus, selon des projections de l’OMS. Aujourd’hui, elle représente déjà la deuxième cause d’invalidité dans le monde pour les 15-44 ans.
- La dépression est une maladie complexe qui fait intervenir de très nombreux facteurs génétiques, environnementaux, hormonaux. Elle se traduit par des altérations dans plusieurs régions cérébrales (notamment l’hippocampe).
- Les acquisitions récentes dans les domaines des neurosciences devraient déboucher sur une compréhension de plus en plus fine de la dépression, permettant ainsi de mieux connaître les cibles neurobiologiques privilégiées d’un traitement et de concevoir des thérapies adaptées à chaque cas individuel.

Que font les industriels ?

- Ils développent 29 nouvelles molécules8 contre la dépression, dont 6 en phase III, et 14 en phase II.
- Ils mettent à la disposition des patients des antidépresseurs efficaces, dont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (SSRI) qui sont les plus utilisés aujourd’hui. Leur efficacité est encore meilleure s’ils sont associés à des thérapies cognitivo-comportementales ou d’inspiration psychanalytique.
- Ils cherchent à concevoir de nouveaux antidépresseurs9 en associant dans une même molécule la capacité de bloquer tel ou tel récepteur de la sérotonine et celle d’inhiber sa recapture.
 
OMS : Organisation mondiale de la santé
 
(1) Ministère de la Santé. http://www.sante.gouv.fr/la-depression.html
(2) Rapport OMS. 2010
(3)Chiffres OMS Europe ; 2012. http://www.euro.who. int/fr/health-topics/noncommunicable-diseases/mental-health/news/news/2012/10/depression-in-europe.
(4) DREES. Études et résultats. N° 810. Septembre 2012. « La prise en charge de la dépression en médecine générale de ville »
(5) Dominique Barbier. « La Dépression » Odile Jacob. 2009
(6) Dominique Barbier. Ibid.cité
(7) « Psychopathologies et neurosciences », de Salvatore Campanelle. 2008. De Boeck Éditeur.
(8) PhRMA. Medicines in Development for Mental Health. Rapport 2014
(9) Medecine Science. Michel Hamon. « La sérotonine : un rôle complexe dans la dépression et le remodelage osseux », Med Sci (Paris) 26 8-9 (2010) 671-672