L'industrie

Exportations et importations

> 22 milliards d'euros d'exportations…

> … orientées vers l'Union européenne, les pays d'Europe centrale et orientale

> 17 milliards d'euros d'importations en 2010

> Le médicament, des rentrées de devises pour la France 

> Le commerce parallèle, un fléau majeur limitant l'amortissement de la recherche
 


 
22 milliards d'euros d'exportations…

Les exportations françaises de médicaments ont très significativement décru en 2011 par rapport à 2010, de près de 9%, atteignant 22 milliards d'euros. Cette dégradation s’explique par la dégradation de la conjoncture des pays acheteurs de médicaments (Maghreb, Moyen-Orient, Côte d’Ivoire, Japon,…) mais aussi et surtout par des baisses de prix appliquées sur le médicament dans de nombreux pays européens (Grèce, Espagne, Turquie…). En outre, la publication irraisonnée par le Gouvernement d’une « liste des 77 médicaments sous surveillance renforcée » (mélangeant plan de gestion du risque de l’EMA et suivi de pharmacovigilance), et la confusion qui s’est ensuivie, ont eu des effets délétères sur les exportations françaises vers certains pays, notamment en Afrique ou en Asie.

Evolution des exportations de médicaments (en millions d’euros)

Source : Leem d’après statistiques douanières

 
… orientées vers l'Union européenne, les pays d'Europe centrale et orientale

Les exportations de médicaments vers l'Union européenne représentaient 11,3 milliards d'euros en 2011 (51 % du total). Elles sont le résultat de la réorganisation européenne de la production de médicaments dans un contexte de meilleure lisibilité de la politique française du médicament et de meilleure attractivité du territoire national jusqu'à 2011 ; ces atouts sont néanmoins fragiles. L'actuel contexte moins favorable les remet en cause : la France, qui avait gagné nombre d'arbitrages entre 1993 et 2005, a ainsi perdu, ces trois ou quatre dernières années, plusieurs décisions industrielles de localisation, lourdes de conséquences à moyen terme.
La concurrence entre États s'intensifie : les pouvoirs publics sauront-ils renouveler une politique conventionnelle initiée entre 1992 et 1995 et qui a pu, pour une décennie, assurer l'expansion, en emplois et balance commerciale (constatée sur le graphique ci-dessus).
La politique de réindustrialisation initiée depuis octobre 2009, qui tient compte des données nouvelles du marché et des besoins de formation dans les filières, est porteuse de promesses concrètes.
La Belgique est, en 2011, le premier pays destinataire des exportations françaises, suivi par l'Allemagne et les États-Unis.

 

Répartition des exportations françaises de médicaments
par zone géographique en 2011

Source : statistiques douanières

L'Union européenne à quinze représente 75 % des exportations de médicaments à destination du continent européen, tandis que les dix nouveaux États-membres depuis le 1er mai 2004 et les deux nouveaux États-membres depuis le 1er janvier 2007 en représentent 13 %. L'Allemagne, la Belgique et l'Italie sont les destinataires privilégiés puisque les entreprises opérant en France y réalisent 45 % de leurs exportations vers l'Europe. Puis viennent l'Espagne (10 %), le Royaume-Uni et la Suisse (respectivement 7,3 % et 4,7 %).


Structure des exportations françaises de médicaments en Europe en 2011

Source : statistiques douanières
 

Les premiers pays acheteurs de médicaments (1) en provenance de France (en millions d’euros)

Source : statistiques douanières

(1) 1990 : Médicaments à usage vétérinaire inclus

 
17 milliards d'euros d'importations en 2011

En 2011, la France a importé 16,7 milliards d'euros de médicaments, soit une diminution de 0,6% % par rapport à 2010. Ces importations proviennent principalement de l'Allemagne (20 %), des États-Unis (15 %), de Suisse (8 %), et de Belgique (7,5 %).

 

Répartition des importations françaises de médicaments
par zone géographique en 2011

Source : statistiques douanières

 

Le médicament, des rentrées de devises pour la France

Les échanges commerciaux de médicaments ont représenté pour la France un excédent commercial de 5,3 milliards d'euros en 2011, en décroissance de près de 3 %, soit 2 milliards d'euros de moins par rapport à 2010, en raison de la diminution des exportations.

Evolution des exportations et des importations françaises de médicaments (en millions d’euros) (1)

 

Source : statistiques douanières

(1) Avant 1997, médicaments à usage vétérinaire inclus
 

Le solde global des échanges commerciaux de la France se situe à un niveau très bas en 2011, accusant un déficit de 70 milliards d’euros. En 2011, les exportations de produits pharmaceutiques ont représenté 6,1 % des exportations totales de la France derrière l’aéronautique/aérospatiale (10,1 %), la construction automobile (6,3 %) et les produits chimiques de base (6,2 %). Les produits pharmaceutiques ont réalisé 4,7 % des importations totales de la France derrière, notamment, les hydrocarbures naturels (10,4 %) et les produits de la construction automobile (6,8 %). Toujours sur la même période, les produits pharmaceutiques (1) se situent au 9e rang des secteurs industriels (hors matériel militaire) en termes d’excédent commercial dégagé (pour mémoire, ce secteur occupait la 4e place des excédents commerciaux en 2010). Au-delà du développement du générique, forme de compétition par les coûts où il est néanmoins possible d’être compétitif avec des process de production adaptés, ce poste ne connaîtra un nouvel essor qu’avec une détermination gouvernementale durable et adaptée aux nouvelles données du marché, tenant compte du poids des biotechnologies.

 
Le commerce parallèle, un fléau majeur limitant l'amortissement de la recherche

La construction de l’Union européenne est basée sur le principe de libre circulation des personnes et des marchandises entre les pays qui la composent. Le médicament n’y échappe pas. L’importation parallèle intracommunautaire de médicaments trouve ses origines dans l’utilisation par les intermédiaires commerciaux d’une faiblesse congénitale du marché intérieur européen : la coexistence de la libre circulation et du droit des États à fixer un prix administratif pour les médicaments remboursables. Le commerce parallèle naît de décisions gouvernementales des pays de l’Europe du Sud (la Grèce, la péninsule Ibérique, mais aussi la France) au préjudice de pays à prix de marché. Pour les États, le commerce parallèle ne profite qu’aux intermédiaires et, exceptionnellement, aux patients ou aux
organismes de protection sociale. Quant aux industriels, il affaiblit leur capacité de recherche. En 2009, le commerce parallèle européen était estimé à 5,2 milliards d’euros, sans que l’organisation de la distribution par les entreprises puisse y apporter de solutions satisfaisantes.

Le commerce parallèle dans le marché européen en 2009 (en % du marché ville et en millions d’euros)



Source : EFPIA
 

Longtemps, la France a été peu touchée par le commerce parallèle ; depuis 2011, le phénomène des ruptures d’approvisionnement est une conséquence de la faiblesse des prix français au regard des autres pays européens.