Maladies tropicales

Faut-il encore se faire vacciner ?

La vaccination structure toute politique de santé publique. Face au retour des maladies infectieuses et à l’émergence de nouvelles pathologies, les vaccins apparaissent comme l’un des axes majeurs de la recherche du progrès thérapeutique. Scrupuleusement mesurés et évalués, les risques liés à leur utilisation sont très largement compensés par la protection qu’ils assurent.

État des lieux

- Les vaccins représentent la meilleure façon de se prémunir contre des maladies potentiellement dangereuses : poliomyélite, coqueluche, rougeole, tuberculose, méningites… En simulant l’infection et en préparant ainsi notre système immunitaire à se défendre contre ces attaques, le vaccin permet en effet de constituer une « cuirasse » contre l’agent infectieux envahisseur.
- Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite sont obligatoires. Il est recommandé de vacciner ses enfants contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, les infections à Hæmophilus influenzae type b (Hib), les infections invasives à pneumocoques, le méningocoque C et, pour les jeunes filles, le papillomavirus.
- Aujourd’hui, la vaccination est capable de prévenir 28 maladies infectieuses. Un nouveau vaccin contre la méningite a été introduit dans le calendrier vaccinal en 2013. Des vaccins contre la dengue et l’herpès sont en dernière phase d’essai clinique.

Enjeux

- La France ne parvient pas à une couverture vaccinale suffisante de sa population : les couvertures vaccinales4 sont, pour certaines d’entre elles, bien en dessous des objectifs fixés par la loi de santé publique de 2004, à savoir au moins 95 % pour toutes les vaccinations recommandées et 75 % pour la grippe.
- Si l’immunisation des nourrissons est globalement bonne, les couvertures vaccinales des adolescents et des adultes sont souvent largement insuffisantes. Moins de la moitié des adolescents sont à jour de la vaccination contre l’hépatite B et seulement environ un tiers des jeunes filles5 concernées par la recommandation relative au vaccin HPV ont été complètement vaccinées.
- Dans les populations ciblées par la vaccination contre la grippe, notamment les adultes de 65 ans ou plus, le taux de couverture6 est nettement inférieur à l’objectif de 75 % (seulement environ 50 % dans le groupe des personnes âgées de 65 ans ou plus, en baisse constante depuis trois ans).

Que font les industriels ?

- Ils affirment l’utilité de se faire vacciner contre des maladies infectieuses qui peuvent entraîner des complications graves voire mortelles. Or, l’intérêt des vaccins n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur car, dès lors que la menace immédiate des maladies disparaît, on a tendance à l’oublier.
- Ils soulignent que toute désaffection vis-à-vis de la vaccination, tant que la maladie n’est pas totalement éradiquée, expose rapidement à des conséquences dramatiques comme l’illustre la recrudescence des cas de rougeole et de coqueluche en France.
- Ils rappellent que les vaccins7 utilisés de façon routinière chez les enfants contre différentes
infections sont sûrs et ne sont pas liés à l’autisme ou à la leucémie, et ne provoquent que très
rarement des réactions graves.
 
ROR : Rougeole, oreillons, rubéole
HPV : Virus du papillome humain (Human papillomavirus, en anglais)
 
(1) Vaccines Today
(2) INVs 2012. Communiqué 14 avril 2013
(3) Ibid. cité
(4) INVs 2012. Communiqué 14 avril 2013
(5 et 6) Ibid. cité
(7) En 2011, l’Institut de médecine aux États-Unis (IOM) avait publié un rapport qui faisait l’unanimité du corps médical et concluait à l’innocuité des vaccinations