Déontologie / Ethique

Faut-il obligatoirement tester les futurs médicaments sur l’animal ?

Les industriels du médicament s’efforcent de réduire au minimum les essais sur les animaux. Cependant, en l’état actuel des connaissances, l’expérimentation animale reste nécessaire. Des lois strictes encadrent les pratiques expérimentales sur les animaux.


État des lieux

- L’utilisation des animaux dans la phase préclinique reste incontournable. Les effets, le mode d’action et la toxicité d’un candidat médicament doivent être évalués sur l’animal afin de minimiser les risques lors de la première administration chez l’homme.
- Pour soigner des maladies aussi complexes que les cancers ou les maladies neurodégénératives, il faut commencer par les décomposer, et en étudier les éléments dans des contextes plus simples. C’est ce que permet l’étude de modèles animaux moins complexes que l’homme, plus faciles à manipuler expérimentalement.
- Les rongeurs (rat, souris...) sont les animaux les plus couramment utilisés par les chercheurs, car ce sont les espèces les mieux définies sur le plan génétique et pour lesquelles les données scientifiques de référence sont les plus nombreuses.

Enjeux

- Les différences qui existent entre les animaux et l’homme, loin de paralyser la recherche, permettent de progresser. On peut par exemple découvrir pourquoi une espèce est résistante à une maladie, ce qui aide à trouver des remèdes pour celle qui y est sensible.
- Certaines pathologies humaines sont difficiles à étudier car elles ne possèdent pas d’équivalent naturel chez l’animal ; elles peuvent toutefois être reproduites chez les animaux transgéniques qui ont reçu des modifications de leur patrimoine génétique. L’idée est d’obtenir des modèles biologiques pertinents reproduisant une maladie humaine déterminée.
- Des comités d’éthique réalisent l’évaluation de chaque projet de recherche qui utilise un modèle animal. Le code rural et une charte nationale en fixent la mission, la structure et le fonctionnement. Une évaluation éthique favorable est nécessaire pour obtenir l’autorisation de réaliser le projet.

 Que font les industriels?

- Ils ont contribué à la mise en place de la règle dite des « 3R » ; une règle énoncée dès 1959, avant tout encadrement légal :
• R comme Raffinement : les protocoles doivent être étudiés afin de minimiser la souffrance animale avant, pendant et après l’expérience.
• R comme Réduction : les expériences doivent être menées sur le moins d’animaux possible. • R comme Remplacement : dans la mesure du possible, on doit éviter d’avoir recours à
l’expérimentation animale.
- Ils mènent leurs recherches dans le strict respect de la réglementation en vigueur en France (articles R214-87 à R214-137 du code rural) mise à jour par le décret 2013-188 et cinq arrêtés
datés du 1 er février 2014 et publiés le 7 février 2014, en application de la directive 2010/63/UE.Cette réglementation est sous la responsabilité du ministère de l’Agriculture.

(1) Chiffres du Gircor (Groupe de réflexion interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche), disponibles sur www.recherche-animale.org