Attractivité

La France est-elle dans la course de la bioproduction ?

Les anticorps monoclonaux, particulièrement utilisés  dans le traitement des cancers, les protéines recombinantes comme l’insuline  ou encore les vaccins sont des outils indispensables au traitement de nombreuses pathologies.   La bioproduction de lots commerciaux de ces médicaments issus du génie génétique est un des maillons clés de la chaîne de fabrication de ces médicaments innovants. La France possède une bonne capacité de bioproduction qu’elle doit rendre encore plus performante, tant en qualité qu’en anticipation et maîtrise de nouveaux procédés.


État des lieux

- La demande en biomédicaments4 est passée de 5 à 15 % entre 2000 et 2012.
- La France dispose notamment de capacités de production significatives dans le domaine des vaccins, des produits dérivés du sang, des hormones et des produits pour le diagnostic.
- 13 000 personnes sont employées dans la bioproduction. 20 % de ces emplois ont été créés au cours des six dernières années.
- Les formations françaises en biotechnologies sont reconnues au niveau international. Il en va de même pour le processus de reconversion des industries chimiques vers le vivant. Cette synergie de compétences est un atout.

Enjeux

- La France exerce une vraie suprématie dans le domaine des vaccins5, avec 40 % de l’effectif mondial. Ensuite, tests diagnostiques et hormones mobilisent respectivement 19 % de l’effectif, contre 12 % pour les dérivés du sang. Loin derrière, les produits d’immunothéraphie (1 %) ou la thérapie cellulaire et génique (1 %).
- La bataille est aujourd’hui sur ces autres bioproductions, avec une possible montée en puissance de l’immunothérapie à partir de technologies émergentes.
- L’immunothérapie utilise en effet des outils de plus en plus sophistiqués : fragments d’anticorps couplés à des radioéléments, à des récepteurs, à des peptides, qui pourraient permettre à la France de jouer un rôle majeur dans la bioproduction de ces nouveaux médicaments.

Que font les industriels ?

 - Ils soutiennent la constitution d’une chaîne de la bioproduction en France, de la production de lots cliniques à la production de lots commerciaux. Ils participent à des projets collaboratifs comme Cell for Cure (C4C. Les Ulis) pour fabriquer des produits de thérapie cellulaire.
- Ils ont investi dans la création de sites de bioproduction (Saint-Julien-en-Genevois pour les anticorps monoclonaux) et dans la reconversion de sites de production chimique (Biolaunch à Vitry-sur-Seine).
- Ils encouragent cette production high-tech qui fait appel à des technologies et des compétences que la France maîtrise. C’est un élément clé du maintien de la production pharmaceutique en France qu’il convient de développer en s’orientant, au-delà de la bioproduction de vaccins (un tiers des sites de lots commerciaux), vers la bioproduction de médicaments issus des thérapies cellulaires, géniques ou de l’immunologie.
 
(1) Chiffre extrait des études « La production pharmaceutique en France » et « La compétitivité de la production pharma en France ». Roland Berger pour le Leem. Octobre 2012 et juillet 2013
(2) Chiffre extrait de l’étude : « Etat des lieux des biotechnologies Santé ». Leem. 2012
(3) Etude Ibid. cité
(4) Cédric Guillerme. Chargé de mission Biotechnologies du ministère du Redressement productif. Colloque Sup Biotech. Octobre 2012
(5) Chiffres DGCIS. Horizon 2013