Ecosystème

Les biotechnologies, clés du développement économique de l’industrie du médicament ?

Les industriels du médicament font de plus en plus souvent appel aux biotechnologies pour découvrir, tester et produire de nouveaux traitements (vaccins, protéines recombinantes, anticorps monoclonaux…), mais aussi pour identifier et comprendre les causes des maladies.   La présence d’un tissu de jeunes entreprises de biotechnologies est donc source d’innovations majeures, et son renforcement un axe stratégique des industriels de santé.


État des lieux

- La R&D des entreprises du médicament est de plus en plus externalisée, notamment vers les sociétés de biotechnologies.
- Sur les 457 entreprises de ce secteur présentes en France, 231 développent exclusivement des produits de santé, tandis que 84 sont des entreprises mixtes produits/services et 142 exclusivement des entreprises de services (dont 32 entreprises de bio-informatique).
- La filière française des biotechnologies santé bénéficie de l’appui d’un écosystème structuré (7 pôles de compétitivité santé, 6 IHU, 14 SATT, 27 PRES et 64 sociétés pharmaceutiques et de diagnostic leaders dans le domaine des biotechnologies).


Enjeux

- En dépit d’une augmentation de leur nombre2 de 18 % entre 2010 et 2013, les entreprises françaises de biotechnologies restent dans la « moyenne » du benchmark mondial.
- Elles demeurent peu capitalisées malgré les récentes introductions en bourse qui ont eu lieu en 2013 et 2014 dans le secteur des biotechnologies santé.
- Elles gardent un degré de maturité inférieur à celui de leurs concurrentes européennes et américaines et sont présentes mais rarement leaders sur des approches thérapeutiques innovantes.


Que font les industriels ?

- Ils participent à la constitution d’une véritable « bioéconomie ». Ils ont soutenu la construction d’un environnement fiscal favorable à la constitution d’une filière de biotechnologies santé : mise en place du crédit impôt recherche (CIR), du statut de la jeune entreprise innovante (JEI), création d’un « hub biotech » concentrant les informations et liens sur les formations, la réglementation, l’évolution du secteur…
- Ils intensifient leurs démarches de partenariats : entre 35 à 40 % de leur budget de R&D est désormais alloué à des accords et des projets collaboratifs. Ils ont procédé, en 2013, à 706 opérations de fusions-acquisitions3, contre 430 en 2004 et 618 en 2009.
- Ils soutiennent financièrement les entreprises de biotechnologie par l’intermédiaire du fonds InnoBio, doté de 173 millions d’euros4, géré par la Banque publique d’investissement (Bpifrance), souscripteur à 49 % en association avec les principaux laboratoires pharmaceutiques mondiaux. Ils s’associent aussi à des sociétés de capital-risque ou créent leurs propres fonds pour investir dans les biotechnologies.

Définition

InnoBio : ce FCPI (Fonds commun de placement dans l’innovation). a financé 16 entreprises de biotechnologies pour un montant de 95 millions d’euros (bilan de septembre 2014).
 
IHU : Institut hospitalo-universitaire
SATT : Sociétés d’accélération du transfert de technologie
PRES : Pôle de recherche et d’enseignement supérieur
 
(1) Chiffres extraits de l’étude du Comité Biotechnologies du Leem. « Les biotechnologies santé en France ».L'édition 2014 (2) étude Biotech. Leem. Ibid.cité
(3) GlobalData. Pharmae-e-track. Chiffres repris dans la thèse « Fusions-acquisitions dans l’industrie
pharmaceutique, outil de croissance et de création de valeur ? » Antoine Teste de Sagey. Université de Bordeaux. UFR de sciences pharmaceutiques. 2014
(4) www.bpifrance.fr