Apport à la société

Les entreprises du médicament sont-elles concernées par la défense de la biodiversité ?

La dégradation des écosystèmes se traduit par la disparition de certaines espèces et d’une partie spécifique de la mémoire de l’évolution contenue dans l’ensemble des gènes de ces espèces, qui pouvait receler des fonctions utiles à la société et à la nature. La défense de la biodiversité est clairement l’un des combats de l’industrie pharmaceutique.


État des lieux

- L’érosion de la biodiversité est en cours : le rythme de disparition des espèces est de 100 à 1 000 fois supérieur3 à celui du taux naturel d’extinction, et bien plus rapide que celui des dernières grandes extinctions connues.
- Or, dans de nombreux pays, les plantes médicinales et les produits issus de la faune sont utilisés comme médicaments ; dans les pays développés, selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), la moitié des 100 médicaments les plus prescrits sont fabriqués à partir de substances extraites de plantes sauvages.
- La signature le 16 avril 2014 du règlement européen sur la biodiversité a doté l’Union européenne de son premier outil en faveur de la biodiversité depuis 1992 et d’un mécanisme de lutte contre la biopiraterie.

Enjeux

- Bien qu’il existe plus de 300 000 espèces végétales4 à travers le monde, seulement 5 000 d’entre elles ont été étudiées à des fins médicales. Il reste énormément à découvrir, pour autant que les espèces ne disparaissent pas prématurément. C’est l’enjeu de la bioprospection. Les régions riches en biodiversité, comme les forêts tropicales, contiennent de très nombreuses substances médicalement intéressantes. Dans nos pays aussi, des plantes mêmes très communes regorgent de composants actifs.
- Tous les écosystèmes, qu’ils soient aquatiques ou terrestres, naturels ou d’origine humaine sont façonnés par l’activité microbienne.
- Les nouvelles techniques de séquençage de l’ADN, qui facilitent l’analyse des génomes de bactéries individuelles, ont été appliquées sur des échantillons venus de multiples régions. Elles ont permis de découvrir plus de 200 nouvelles espèces et de porter un nouveau regard sur la biodiversité bactérienne, ce qui laisse présager la découverte de mécanismes biologiques insoupçonnés.

Que font les industriels ?

- Ils appliquent le protocole de Nagoya5 (29 octobre 2010), qui met en place des mécanismes d’accès aux ressources génétiques (animales, végétales et pathogènes) et aux savoirs traditionnels, ainsi qu’un partage des bénéfices issus de leur utilisation.
- La loi française devrait instaurer, au cours des prochains années, un système d’autorisation auprès de la puissance publique, que les industriels appellent à être assez souple pour ne pénaliser ni la recherche publique ni la recherche privée.
- Ils continuent leurs activités de bioprospection, mais ils cherchent aussi des solutions de chimie de synthèse pour remplacer certaines substances naturelles. La diversité biologique est aussi une source d’inspiration technologique essentielle et irremplaçable pour les systèmes de production biologiques de l’avenir. La bio-inspiration, par exemple, consiste à repérer des phénomènes naturels, à les utiliser ou à les reproduire pour imaginer des processus productifs.
 
(1) Efpia. « Good Business Practise and Case Studies on Biodiversity » Septembre 2007
(2) Chiffres UICN. Union nationale pour la conservation de la nature. www.iucn.org/knowledge/focus/biodiversity
(3 et 4) UICN. Ibid.cité
(5) Le Protocole de Nagoya a été signé par la France le 20 septembre 2011