Consommation

Les Français consomment-ils trop de médicaments ?

Les Français ne sont plus les champions d’Europe de la consommation. Parmi les pays du G54, en 2011, la France ne se situait jamais au 1er rang de la consommation de médicaments5 (2e pour les hypocholestérolémiants, 3e pour les antidiabétiques, 4e pour les antidépresseurs, 5e  pour les antihypertenseurs).   Afin d’apprécier la réalité de la consommation de médicaments en France, il faut adopter une vision par classe thérapeutique.

État des lieux

- Il n’y a plus d’exception française en matière de consommation de médicaments, les habitudes en la matière s’uniformisent en Europe.
- Si, en 2000, la consommation en Franceétait supérieure à la moyenne pour cinq classes de médicaments6 sur huit, en 2012, elle l’est pour deux classes : les antibiotiques et les anxiolytiques. La France est même au dernier rang pour les anti-ulcéreux.
- En termes d’évolution, on assiste à une convergence des niveaux de consommation : sur la période 2000-2012, la France a le plus faible taux d’évolution pour quatre classes sur huit (antidépresseurs, antiulcéreux, hypolipémiants, antihypertenseurs). La consommation a évolué plus rapidement dans l'Hexagone que dans les autres pays, dans le seul cas des anti-asthmatiques.

Enjeux

- Dans tous les pays développés, la consommation de médicaments progresse structurellement plus vite que le PIB (en France, 1,4 pour 1).
- La spécificité de la France est d’avoir des profils de prescription qui traduisent son attachement à l’accès des patients à l‘innovation thérapeutique, notamment dans certaines grandes pathologies, comme le cancer ou les maladies rares.
- Si l’on rapporte le montant de la dépense de médicaments au nombre d’habitants et au pouvoir d’achat, la France n’est qu’au cinquième rang mondial derrière les États-Unis, le Canada et à peu près à égalité avec l’Allemagne et le Japon.

Que font les industriels?

- Ils constatent le rapprochement progressif des prescriptions et des niveaux de consommation de médicaments de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et du Royaume-Uni.
- Ils participent à la politique de maîtrise médicalisée menée en France, ciblant certaines classes, afin d’en diminuer la consommation.
- Ils insistent sur la nécessité de combattre le mauvais usage du médicament par l’implication et la responsabilisation des acteurs de santé ainsi que par la formation et l’accompagnement du patient.

(1) Chiffres extraits de l’étude de la CNAM (mars 2011) sur la consommation des sept principaux pays européens, pour huit classes majeures de médicaments
(2) Étude CNAM. Ibid.cité
(3) Chiffres ANSM 2013
(4) États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni
(5) Chiffres extraits du Panorama de la santé – OCDE-Comparaison de la consommation de médicaments entre les pays de l’OCDE portant sur 4 classes thérapeutiques (antihypertenseurs, hypocholestérolémiants, antidiabétiques et antidépresseurs) entre 2000 et 2011. En dose quotidienne définie pour 1 000 habitants
(6) Les chiffres qui suivent sont extraits de l’étude IMS (2000-2012). Comparaison de la consommation de médicaments entre 7 pays EU (F, A, UK, E, I, B, NL) portant sur 8 classes thérapeutiques (ATB, antiasthmatiques, antidépresseurs, anxiolytiques, antidiabétiques, antihypertenseurs, hypolipémiants, antiulcéreux), publiée par le LIR en janvier 2014