Maladies psychiatriques

Les maladies mentales sont-elles négligées ?

Les maladies mentales comme la dépression, l’autisme, les troubles bipolaires, la schizophrénie, les addictions ou les troubles de l’attention sont des pathologies graves et fréquentes (2e cause de handicap dans le monde).   Les industriels  explorent de nombreuses  hypothèses pour améliorer l’état de santé des malades sans alourdir le coût de la santé mentale, estimé en France à 13,45 milliards d’euros, soit 8 % de la dépense nationale de santé.

État des lieux

- Chaque année, 38,2 % de la population européenne6 (27 pays de l’Union européenne auxquels s’ajoutent la Suisse, l’Islande et la Norvège), soit 164,8 millions de personnes appartenant à toutes les classes d’âge, souffrent d’une maladie mentale.
- Les maladies les plus fréquentes sont les troubles anxieux (14 %), l’insomnie (7 %), la dépression majeure (6,9 %), la dépendance à l’alcool et aux drogues (plus de 4 %), le trouble de déficit d’attention avec hyperactivité (5 % chez les jeunes) et la démence (1 % chez les personnes âgées de 60 à 65 ans, 30 % chez les personnes âgées de 85 ans et plus).
- Parmi les 44 millions d’adultes7 vivant à leur domicile en France, 18,5 % souffrent d’une pathologie psychiatrique dont 15 % d’une forme sévère. La schizophrénie touche environ 1 % de la population française, les troubles bipolaires 4,4 % et l’autisme 1%.

Enjeux

- Les anomalies génétiques, les facteurs environnementaux et les interactions gène/ environnement sont en cause dans la plupart des maladies mentales.
- Les recherches s’intensifient dans ce domaine avec une démarche intégrative des différentes dimensions impliquées.
- Une centaine de variations génétiques8 sont ainsi associées au risque de développer une schizophrénie, apportant de nouvelles pistes décisives pour la compréhension des causes de cette maladie complexe, afin de mieux la traiter.

Que font les industriels ?

- Ils font des maladies psychiatriques un des axes importants de leur recherche en mettant au point 119 médicaments9 contre les maladies mentales.
- Ils en développent 36 contre la schizophrénie9, 29 contre la dépression, 20 contre les conduites addictives, 15 contre les troubles anxieux, 15 contre les troubles de l’attention, 5 contre les troubles bipolaires et 6 contre l’autisme.
- Ils s’appuient sur les développements de la génétique pour affiner leurs recherches et améliorer le diagnostic précoce de ces maladies, ainsi que sur les travaux de l’Human Brain Project financé par l’Union européenne, auxquels le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et Neurospin, notamment, sont associés.
 
(1) Chiffre disponible sur le site de FondaMENTAL
(2) Cour des Comptes, « L’organisation des soins psychiatriques : les effets du plan psychiatrie et santé mentale » (2005-2010) Décembre 2011
(3) Cour des Comptes. Ibid.cité
(4) Chiffre OMS. Atlas 2011
(5) European Neuropsychopharmacology. 4 septembre 2012. (6) OPECST. « L’impact et les enjeux des nouvelles technologies d’exploration et de thérapie du cerveau » Rapport. 13 mars 2012
(7) Chiffre extrait de « The Cost of Mental Disorders in France ». Karine Chevreul, Amélie Prigent, Aurélie Bourmaud, Marion Leboyer, Isabelle Durand-Zaleski European Neuropsychopharmacology, 4 September 2012
(8) « Nature ». 22 juillet 2014. Michael O’Donovan. Université de Cardiff, Grande-Bretagne. Résultats d’une étude génétique réalisée par un consortium international de généticiens, 300 scientifiques de 35 pays, qui a porté sur plus de 150 000 individus, dont près de 37 000 patients
(9) PhRMA. Medicines in Development for Mental Health. 2014. Report