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Les médicaments d’automédication sont-ils des médicaments comme les autres ?

Les médicaments d’automédication sont disponibles en pharmacie sans ordonnance et peuvent être utilisés sans la prescription d’un médecin.   Comme tous les médicaments, ils ont reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) et ne peuvent être achetés qu’en pharmacie. C’est le pharmacien d’officine qui s’assure que le médicament est bien adapté au besoin du patient.


État des lieux

- L’automédication permet un accès rapide et facile aux médicaments pour traiter des pathologies mineures, bien connues de tous, dont le soulagement est souhaité sans délai (bouton de fièvre, maux de tête, toux, brûlures d’estomac, etc.).
- Le médicament d’automédication a donc des indications thérapeutiques facilement reconnaissables par le patient. Il est présenté dans un petit conditionnement, avec une notice spéciale délivrant une information facilement compréhensible.
- Depuis septembre 2008, 3 593 spécialités pharmaceutiques non remboursables2 sont disponibles en accès libre dans des espaces dédiés des officines. Ces médicaments, dits de « médication officinale », couvrent de nombreux domaines thérapeutiques. La liste des médicaments en libre accès est remise à jour régulièrement. Pour ces médicaments, la TVA est de 10 % (contre 2,1 % pour les médicaments remboursés).

Enjeux

- Le marché de l’automédication est fragilisé : entre 2012 et 2013, il a régressé en France de 3 %3 en valeur et de 4 % en volume, tandis qu’il augmentait de 2,1% en valeur en Europe.
- La dépense moyenne annuelle par habitant en produits d’automédication est de 32,4 euros4 contre 42,4 euros en Europe.
- Fin 2013, on comptabilisait 16170 officines5, (soit 72 % des pharmacies françaises) ayant mis en place un espace libre-accès. Depuis début 2013, les pharmacies d’officine peuvent, sous réserve d’une autorisation par l’administration et le respect de bonnes pratiques, vendre des médicaments par Internet. Les conditions doivent être les mêmes que si le patient se présentait à l’officine, en particulier pour les obligations de conseil en vue du bon usage du médicament.

Que font les industriels ?

- Ils soutiennent le développement de l’automédication responsable : elle permet aux patients de prendre en charge leurs affections bénignes et évite ainsi des consultations médicales. La part de marché en volume de l’automédication6 n’est que de 15,7% en France contre 25,7 % en Europe.
- Ils ont signé avec les officinaux un accord de bonnes pratiques commerciales relatif à la transparence. Ils accompagnent les patients dans leur démarche d’automédication via leur site Internet. Ils sont d’ailleurs autorisés à s’adresser directement au consommateur sur les produits d’automédication.
- Ils prônent le « délistage » de certains médicaments, c’est-à-dire le passage d’une prescription médicale obligatoire à une prescription facultative, pour traiter notamment la rhinite allergique et la conjonctivite et développer l’automédication en France.

Définition

OTC : « Over The Counter », désigne les produits en accès libre, devant le comptoir du pharmacien.
 
(1) Chiffres extraits de l’Observatoire européen sur l’automédication. éditions 2013 et 2014. www.afipa.org
(2) La liste des médicaments d’automédication est disponible sur http://ansm.sante.fr/Dossiers/Medicaments-en-acces-direct/Medicaments-en...
(3) Afipa. Observatoire européen sur l’automédication. édition 2013
(4) Afipa. 2e Observatoire européen sur l’automédication. Juin 2014
(5) Baromètre Afipa-UPMC. 2013
(6) Ibid.cité