Typologie

Les nouveaux médicaments seront-ils tous issus du vivant ?

Les médicaments issus du vivant, aussi appelés biomédicaments, sont fabriqués à partir de principes actifs  d’extraction  humaine, végétale ou virale, reproduits en grande quantité par cultures en laboratoire.   Ils recréent les effets des molécules constitutives de notre propre organisme (protéines, enzymes...) et permettent ainsi de soigner de façon plus ciblée.


État des lieux

- Dans une première phase, les biotechnologies ont permis de réaliser des médicaments que l’industrie classique ne savait pas fabriquer. Les médicaments produits par génie génétique sont le plus souvent des protéines présentes chez l’homme en bonne santé et déficientes chez les malades.
- Dans une deuxième phase, avec le séquençage du génome humain et la pharmacogénomique, la compréhension du vivant a facilité la recherche de médicaments entièrement nouveaux, plus ciblés.
- Avec ces traitements, le patient est considéré comme un individu plutôt que comme un élément d’une population large. On soigne le malade plutôt qu’une maladie.

Enjeux

- En cancérologie, les industriels cherchent à décupler l’efficacité des biomédicaments en les couplant à certains médicaments utilisés en chimiothérapies, qui vont agir localement et tuer les cellules visées beaucoup plus sûrement que si ceux-ci agissaient seuls.
- Les avancées technologiques permettent aussi la conception de nouveaux anticorps monoclonaux, sous forme de fragments de différentes tailles couplés ou non avec des toxines, des cytokinesou de radioéléments.
- Sur la période 2013/2014, les anticorps représentaient la part prédominante du chiffre d’affaires (CA) des biomédicaments5 avec plus de 2,7 milliards d’euros sur un CA total d’environ 5,5 milliards d’euros. Les 58 vaccins représentent 8 % du CA total des biomédicaments avec un CA de 430 millions d’euros.

Que font les industriels ?

- Ils utilisent la révolution du vivant pour mettre au point des médicaments de plus en plus personnalisés. Ils imaginent et conçoivent des médicaments plus ciblés, qui miment le biologique comme des anticorps monoclonaux ou des protéines complexes complétant ou corrigeant un système immunitaire défaillant ou trop actif.
- Ils ont ainsi mis à la disposition des malades les interférons, les hormones recombinantes, les anticorps humanisés, les vaccins thérapeutiques ou préventifs pour traiter la sclérose en plaques, le cancer du sein, l’anémie, la maladie de Crohn, la polyarthrite rhumatoïde, les lymphomes, les leucémies…
- Ils accélèrent le développement de politiques de croissance externe (fusions-acquisitions notamment) ainsi que la mise en place d’un modèle de R&D plus transversal.

Définitions

Facteur de croissance : protéine nécessaire à la croissance ou à la différenciation de certaines cellules.
Hormone : molécule qui permet de transmettre des messages chimiques.
Enzyme : protéine fabriquée par l’organisme qui permet l’activation ou l’accélération de réactions chimiques. Elle joue un rôle dans toutes les fonctions, notamment dans la digestion.
Cytokine : ensemble de substances servant de messagers entre les cellules de notre organisme.
Pharmacogénomique : étude des effets des médicaments, fondée sur l’analyse des informations contenues dans le génome humain.
 
(1) Chiffre du 31 mai 2014. Extrait de l’étude du Comité Biotechnologies du Leem « Biomédicaments en France. État des lieux 2014 ». Disponible sur www.leem.org
(2) « Les biomédicaments », de Marina Cavazzana-Calvo et Dominique Debiais. PUF. Collection Que sais-je ? Novembre 2011
(3) PhRMA. Chiffre 2013 (4) Ibid.cité
(5) Etude Biomédicaments 2014. Ibid.cité