Progrès thérapeutique

Les partenariats sont-ils décisifs pour favoriser la R&D de nouveaux médicaments ?

Tous les progrès accomplis révèlent une biologie d’un très haut degré de complexité que personne n’aurait pu imaginer il y a encore quelques années.   Le modèle d’innovation en santé a changé et passe par le partage des savoirs et la multiplication des collaborations.   C’est pourquoi les industriels mettent l’accent sur la mise en place de partenariats public-privé (PPP), clés de l’innovation en santé.

État des lieux

- Entre 2011 et 2013, le nombre de partenariats public-privé (PPP) recensés sur un échantillon de 34 industriels a triplé pour atteindre le chiffre de 877 : ils interviennent à 63 % dans le domaine du médicament humain. On observe une augmentation significative du nombre de PPP ayant pour application le diagnostic (26 %).
- La majorité des PPP implique un seul acteur industriel et un seul acteur académique. 51% des PPP sont mis en place avec un centre de soins ou des associations de médecins ou sociétés savantes. Ils restent équitablement répartis entre développement clinique et préclinique.
- L’oncologie est l’aire la plus représentée, suivie de la santé publique, incluant les études épidémiologiques et post-AMM, et des technologies pour la santé, qui doublent par rapport à la proportion observée en 2011 (13 % contre 7 %).

Enjeux

- Les PPP sont un levier indispensable à l’innovation en santé.
- Ils permettent de mutualiser des recherches nécessaires à l’élaboration soit d’un médicament, soit d’un dispositif médical, soit d’une solution thérapeutique associant médicament et biomarqueur ou médicament et dispositif…
- Les charges administratives, les différences culturelles ou les approches différentes des aspects financiers sont les principaux freins à la signature de PPP. Si la durée de signature des PPP est majoritairement inférieure à six mois, la durée moyenne de mise en place d’un PPP est passée à 10,8 mois en 2013 (contre 8,6 en 2011).

Que font les industriels ?

- Ils s’inscrivent largement dans cette logique nouvelle, afin de faciliter le passage de l’invention à l’innovation, du laboratoire à l’industrie — un des points faibles français.
- Ils organisent, depuis 2009, les Rencontres internationales de recherche, (RIR) destinées à favoriser l’organisation de collaborations entre équipes de recherche académiques françaises et grands laboratoires pharmaceutiques, notamment internationaux.
- Ces échanges annuels, dans un temps et un espace définis, permettent l’établissement  de relations directes entre les « bonnes personnes » en donnant aux équipes de recherche  présentes l’occasion d’expliquer leurs travaux et aux industriels de décrire les orientations de leur R&D. Après les neurosciences en 2009, les maladies métaboliques en 2010, les maladies infectieuses en 2011, le cancer en 2012, les maladies inflammatoires en 2013, l’édition 2015 sera consacrée aux maladies rares.

Définition

Ariis : c’est l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé. Son objectif est de favoriser les passerelles entre public et privé et, plus globalement, d’encourager la synergie entre les différentes filières de santé. www.ariis.org
 
(1) Chiffres extraits du tableau de bord établi par Ariis Le premier tableau de bord a été réalisé en 2011, avec une mise à jour en 2013. Les résultats cités proviennent de 34 membres industriels d’Ariis, pour un total de 877 PPP renseignés. Résultats complets disponibles sur www.ariis.org Tous les chiffres de cette fiche sont extraits de cette étude