L'économie du médicament

Marché mondial

La part de l’Europe continue de décroître

En 2016, le marché mondial du médicament est évalué à environ 941 milliards de dollars de chiffre d’affaires (environ 882 milliards d’euros), en croissance de 3 % par rapport à 2015.
Le marché américain (Etats-Unis) reste le plus important, avec 47 % du marché mondial, loin devant les principaux marchés européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Espagne), qui réalisent 15,4 % de parts de marché, le Japon (8,4 %) et les pays émergents (Chine et Brésil), 10,1 %.
La France demeure, en 2016, le deuxième marché européen derrière l’Allemagne. Toutefois, elle voit sa part de marché reculer de 2,2 points en dix ans.
Une étude QuintilesIMS, publiée en décembre 2016, confirme cette tendance : la France perdrait deux places à l’horizon 2021, se faisant dépasser par l’Italie et l’Angleterre (Outlook for Global Medecines Through 2021).

 

Les fusions-acquisitions sont devenues un outil habituel de la gestion des entreprises pharmaceutiques

Malgré les mégafusions récentes, l’industrie mondiale du médicament demeure peu concentrée, les cinq premiers groupes représentant 24,3 % du marché mondial.
La crise financière de 2009 a contraint les laboratoires à trouver rapidement des sources d’économies, au travers, notamment, d’importantes opérations d’acquisition. Quatre des plus gros laboratoires américains se sont ainsi restructurés cette année-là : Pfizer a acquis le groupe Wyeth, et Merck & Co le laboratoire Schering-Plough. Par ailleurs, le laboratoire américain Abbott a racheté la filiale pharmaceutique du groupe Solvay.
Après une année 2015 record en termes de fusions-acquisitions, les incertitudes politiques ont freiné les acquisitions pour les grands laboratoires en 2016, tout comme les pressions à la baisse sur les prix des médicaments. Dans ce contexte, le laboratoire Teva a acquis le portefeuille de génériques d’Allergan, lui permettant de renforcer son avance dans ce secteur, tout en recentrant sa stratégie. La même année, le groupe britannique Shire rachetait Baxalta, entité spécialisée dans les maladies rares issue de la scission des activités de Baxter, tandis que Mylan faisait l’acquisition de Meda, afin, notamment, d’accéder à plusieurs marchés émergents. Enfin, le rachat d’Anacor Pharmaceuticals par Pfizer et celui de Stemcentrx par Abbvie illustrent la volonté des laboratoires pharmaceutiques de renforcer leurs portefeuilles produits, comme un relai de croissance à la chute dans le domaine public de nombreux blockbusters.
Selon une étude du cabinet Novasecta, entre 2014 et 2016, 420 milliards de dollars ont été dépensés dans le cadre de fusions-acquisitions supérieures à 1 milliard de dollars, contre 170 milliards de dollars sur la période 2009-2012.

Grâce à ces rapprochements (implantation géographique stratégique des entreprises, regroupement des entreprises par domaine d’intérêt thérapeutique…), les grands groupes mondiaux espèrent atteindre une taille critique afin de réaliser des économies d’échelle (réduction des coûts de recherche), renforcer leur présence sur les marchés et faire face à la pression exercée sur les prix des médicaments (notamment en Europe) par les pouvoirs publics.

Autres objectifs recherchés : l’acquisition de nouvelles technologies (acquisition de firmes de biotechnologies), l’introduction dans un nouveau domaine thérapeutique ou sur un nouveau segment (automédication, par exemple), l’acquisition d’une force de vente ou de distribution, l’implantation dans un pays étranger ou sur un continent.

Le coût des opérations d’acquisition étant élevé, les entreprises développent également des accords ou des alliances entre elles, et font appel à des compétences extérieures (sous-traitance) à tous les niveaux : recherche, développement, fabrication… En outre, le partenariat peut prendre la forme d’accords de licence pour confier la commercialisation de certains médicaments à d’autres entreprises. La recherche fait également appel à de nouveaux modes de collaboration en réseau, entre la recherche publique et la recherche privée, par exemple, ou via des partenariats internationaux.

Les entreprises d’origine française sont encore insuffisamment internationalisées

L’implantation directe des entreprises d’origine française aux Etats-Unis et au Japon – deux des plus grands marchés du monde – a beaucoup progressé, mais reste faible, comparée à celle des entreprises d’origine britannique, allemande et suisse.
La part de marché des entreprises françaises aux Etats-Unis est notamment due au rachat de la firme américaine Rorer par Rhône-Poulenc et à celui de Marion Merrell Dow (devenues Aventis et désormais intégrées au groupe Sanofi), puis, plus récemment, au rachat de Genzyme, également par Sanofi.

 
 

L’essentiel

941 milliards de dollars 
Chiffre d’affaires du marché mondial du médicament en 2016, dont 47 % sont réalisés aux Etats-Unis.
5ème
Position de la France au niveau mondial, mais sa part de marché recule de 2,2 points en dix ans.
Les 5 premiers groupes pharmaceutiques représentent 24,3 % du marché mondial.