Cancer

Pourquoi ne dispose-t-on pas d’un traitement unique contre tous les cancers ?

Les cancers se distinguent les uns des autres non seulement par leur tissu d’origine mais aussi par leurs caractéristiques génétiques, leur évolution, leur pronostic, leur fréquence en fonction de l’âge, du sexe…   Ils réagissent différemment aux traitements de sorte que chaque malade est à considérer comme un cas d’espèce.   L’explosion des connaissances en biologie des cancers permet de plus en plus d’individualiser les traitements anticancéreux.


État des lieux

La lutte contre les cancers s’organise autour de trois grands axes :
- Les anomalies des gènes : une cellule devient cancéreuse à la faveur d’une erreur de copie de son génome lors d’une division cellulaire.
- Les voies de signalisation : les mécanismes de cancérisation sont liés à des anomalies de communication inter et intracellulaire.
-L’analyse de l’environnement de la tumeur : la prolifération des cellules cancéreuses nécessite le développement de circuits d’alimentation sanguine au sein de la tumeur. Agir sur ce mécanisme de naissance de nouveaux vaisseaux appelé angiogenèse constitue un axe d’attaque des tumeurs cancéreuses. D’autre part, le développement d’une tumeur au sein d’un organisme est étroitement lié à son système immunitaire : dans certains cas, le système immunitaire peut faciliter la progression tumorale.

Enjeux

L’avenir est à la combinaison de molécules ciblées.
- Chacune est active sur une cible précise dans la cellule. Si cette cible est présente dans 1 ou 2 % des cancers, la thérapie a une action dans 1 ou 2 % des cancers.
- Un seul médicament unique, ciblé ou non, ne peut guérir le cancer : les cellules cancéreuses ont une instabilité génétique, elles accumulent des mutations. Si on bloque un mécanisme d’un côté, on force la cellule à faire une seconde mutation ailleurs.
- Par conséquent, l’utilisation d’une seule thérapie ciblée ne suffira pas pour traiter un patient. Seules des combinaisons de molécules ciblées auront une réelle efficacité. Il faut s’attendre à une complexification des traitements anticancéreux.

Que font les industriels ?

- Ils ont changé leur processus de R&D : les molécules ciblées reposent sur la compréhension de la cellule cancéreuse et sur l’identification des gènes qui conduisent à sa multiplication anormale.
- Ils collaborent au programme AcSé, qui vise à ouvrir l’accès à un médicament disponible pour un type de cancer à d’autres cancers, en se fondant sur le « profil biologique » de la tumeur et pas uniquement sur l’organe d’origine.
- Ils adaptent leur stratégie en collaborant avec les centres d’excellence en cancérologie et en plaçant les essais cliniques au centre de leur processus de recherche : le va-et-vient entre le patient et le chercheur est primordial pour traiter le cancer en fonction de ses anomalies et non en fonction de sa localisation.

Explication

AcSé : ce programmes’adresse aux patients atteints de cancer, en échec de traitements validés et dont l’état de santé et l’évolution de la maladie justifient l’administration d’un nouveau traitement. Il s’organise en essais cliniques, au cours desquels l’industriel qui commercialise le médicament le met gratuitement à disposition des patients inclus.
 
(1) Chiffre extrait du dossier RIR « Rencontres Internationales de Recherche». Cancer. 13 novembre 2012 (2) Rapport INCa. 2013
(3-4-5-6) Rapport INCa. Ibid.cité