Progrès thérapeutique

Le progrès thérapeutique est-il en panne ?

Contrairement aux idées reçues, le progrès thérapeutique n’est pas en panne : après une période de creux dans les années 2005-2010, l’innovation repart à la hausse et se poursuit à un rythme soutenu.   49 nouveaux médicaments3 ont été autorisés par la Commission européenne pour la seule année 2013. C’est beaucoup pour un secteur opérant dans un domaine aussi complexe et ancré dans la recherche fondamentale que celui des sciences de la vie.


État des lieux

L’innovation a fait bouger les lignes pour de nombreuses maladies, « fréquentes » comme rares.
- En cancérologie : les anticorps monoclonaux ont permis de révolutionner la prise en charge de certains cancers même pris au stade de la métastase, notamment les cancers du sein, colorectal, de la tête et du cou (2012), de la prostate (2013), du poumon (non à petites cellules)… D’autres traitements ont changé la prise en charge du myélome multiple, de la leucémie myéloïde chronique.
- L’hépatite C est en passe d’être vaincue. Le diabète bénéficie de nouveaux traitements (7 en 2013). De nouveaux médicaments ont été mis au point pour soigner le VIH (3 en 2013).
- Chaque année apporte son lot de vaccins ou de conjugaisons de vaccins, plus adaptés à certaines catégories de population.
- Enfin, les maladies rares ne sont pas en reste : un premier médicament a été mis au point pour traiter une des formes de la mucoviscidose en 2012.

Enjeux

- Le progrès thérapeutique a changé de nature.
- La médecine se déplace progressivement de l’aval et du traitement des symptômes de la maladie vers l’amont et le traitement des causes de la maladie.
- L’innovation sera largement le fait du ciblage de mécanismes spécifiques de la maladie, que ce soit en bloquant les voies de signalisation des cellules ou en s’attaquant à des récepteurs de protéines spécifiques.

Que font les industriels?

Il s’adaptent à cette nouvelle donne.
- Le nouvel environnement de l’innovation est désormais constitué de réseaux structurés et internationaux entre entreprises du médicament, partenaires académiques et hospitaliers, sociétés de biotechnologies.
- Les nœuds de ces réseaux se consolident stratégiquement autour des grands campus universitaires, des centres de recherche, des pôles de compétitivité.
- C’est l’excellence qui sert de fil conducteur à l’orchestration de l’innovation, guidant les    P choix de partenariats des industriels par pathologies (Institut de la Vision, IGR..) ou par Q pôle (Lyon Biopole, par exemple, pour l’infectiologie).
 
(1) Cette moyenne prend en compte les évaluations de l’EMA et de la FDA, disponibles sur www.ema.europa.eu et www.fda.gov
(2) ibid.cité
(3) Source : Agence européenne du médicament