Maladies neurologiques

Quels progrès contre la sclérose en plaques (SEP) ?

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune dans laquelle le système nerveux central du malade est attaqué par une réaction anormale de son système immunitaire.   Elle apparaît généralement au début de l’âge adulte et évolue vers une dégradation marquée de la qualité de vie des patients avec une perte progressive d’autonomie. De nouvelles avancées thérapeutiques relancent l’espoir de soigner cette mystérieuse maladie.

État des lieux

- La SEP apparaît en général entre 20 et 40 ans. Elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. C’est la deuxième cause de handicap4 chez l’adulte jeune.
- Elle se caractérise par des lésions inflammatoires de la substance blanche (myéline) du système nerveux central (cerveau et moelle épinière), substance dont le rôle est de protéger les fibres nerveuses et d’accélérer la transmission des influx nerveux.
- Dans 85 % des cas, la maladie évolue par poussées : le patient présente des symptômes qui persistent quelques jours ou semaines puis régressent spontanément laissant un handicap résiduel dans un tiers des cas. Les poussées sévères sont traitées par des corticoïdes. Dans 15 % des cas, la maladie s’aggrave progressivement, sans poussées. Il existe aussi des formes bénignes.

Enjeux

- Les chercheurs recherchent un terrain de susceptibilité génétique à la maladie, sans que l’on puisse qualifier aujourd’hui la SEP de maladie héréditaire.
- Les nouvelles techniques d’imagerie devraient aider à mieux cerner les signes cliniques et biologiques de la SEP mais aussi à mieux suivre les traitements. L’IRM permet d’accélérer le développement des candidats médicaments, en mesurant leur effet sur le nombre de plaques.
- L’avenir est aux techniques d’IRM non conventionnelles : IRM de diffusion, IRM fonctionnelle, IRM sodium. Ces dernières mesurent le fonctionnement des axones, de la myéline, etc. Les plaques de démyélinisation ne sont que la partie émergée de l’iceberg. L’IRM non conventionnelle5 en montre la partie immergée, révélant que la sclérose en plaques est une maladie diffuse du système nerveux central.

Que font les industriels?

- Ils développent 38 médicaments6 contre la SEP, dont 7 en phase III, 15 en phase II, 13 en phase I et 3 en phase d’évaluation.
- Ils cherchent d’autres classes thérapeutiques capables après les immunomodulateurs de première génération, d’atténuer la démyélinisation. Plusieurs essais cliniques ont commencé dans le but de réparer la myéline, cible d’une attaque inflammatoire dans la SEP.
- Ils complètent l’arsenal thérapeutique à disposition des patients tant dans le domaine des immunosuppresseurs que dans le domaine des anticorps monoclonaux : deux nouveaux traitements de première ligne devraient être disponibles en 2015. Ils présentent tous deux
l’avantage d’une administration orale.
 
(1) « Le Monde ». Cahier Science et médecine. 26 mars 2014
(2) www.sep-info.fr/.../sclerose-en-plaques
(3) www.sep-info.fr/.../sclerose-en-plaques
(4) « Le Monde ». Cahier science et médecine. Ibid.cité
(5) Professeur Jean Pelletier. Neurologie et Unité Neurovasculaire - Hôpital de la Timone. Marseille
(6) PhRMA. Medicines in Development for Neurological Disorders. Multiple Sclerosis. Report 2013