Prix

À quoi correspond le prix d’un médicament ?

Pourquoi une gélule coûte 10 euros, une autre 100, ou même 1 000 euros ?   Ce n’est pas leur taille, leur couleur ou leur forme qui font la différence, mais un faisceau d’éléments servant à fixer le prix du médicament, parmi lesquels la valeur thérapeutique tient une place essentielle.


Qu’est-ce que la valeur thérapeutique ?

- La valeur thérapeutique des médicaments est le résultat des années de recherche et de développement des laboratoires pharmaceutiques : de dix à douze ans, pendant lesquels des dizaines de milliers de molécules sont testées puis abandonnées car insuffisamment sûres ou efficaces, avant de trouver finalement LA bonne molécule, celle qui fera LE médicament de qualité pour les patients.
- Le prix du médicament, une fois commercialisé, doit permettre d’amortir ces investissements et, surtout, de financer de nouvelles découvertes : le médicament d’aujourd’hui aide à financer le médicament de demain. Quand vous achetez un médicament remboursable, son prix tient donc compte des investissements de R&D.
- À ce prix du laboratoire fabricant, s’ajoutent — comme pour tous les produits — une marge de distribution et la TVA.

Évolution du prix avec le temps

Le prix d’un médicament n’est jamais figé : plusieurs événements le font baisser.
- Le médicament, en tant qu’invention originale, est protégé par un brevet.
• La durée de protection est en moyenne de vingt ans, période durant laquelle le médicament ne peut pas être copié. Comme le brevet est déposé dès la phase de recherche et développement, qui dure en général entre dix et douze ans, il ne reste aux laboratoires que huit à dix ans pour amortir leurs investissements.
• Quand le brevet expire, le fabriquant de générique peut copier librement le médicament. L’arrivée de cette copie déclenche alors une baisse automatique de 20 % du prix du médicament initial.
• Le générique est proposé d’emblée à un prix 60 % inférieur, car il n’a pas besoin d’amortir des frais de recherche. Conséquence : dans l’année qui suit la commercialisation du générique, le médicament de marque voit le volume de ses ventes chuter de 60 à 80 %.
- Indépendamment de l’arrivée du générique, le médicament, dès sa mise sur le marché, est réévalué en permanence sur la base de nouvelles connaissances ou d’études demandées aux laboratoires par les autorités. Il s’agit de confronter les données issues des essais cliniques aux conditions réelles d’utilisation du médicament par les patients. Ces réévaluations peuvent conduire les autorités à baisser le prix du médicament bien avant la chute du brevet. 
- Enfin, le prix du médicament met « sa tête sur le billot » chaque année, au moment du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale au Parlement. Depuis plusieurs années, en effet, la baisse des prix exigée atteint le milliard d’euros, alors que les prix français sont déjà parmi les plus bas des grands pays européens.

 
Un médicament peut très bien perdre plus de la moitié de sa valeur en moins de dix ans !

(1) Fixé par arrêté du 26 décembre 2011