Essais cliniques

La recherche translationnelle permet-elle de mieux soigner les malades ?

La recherche translationnelle est le chaînon manquant entre la recherche académique   et la recherche clinique. Elle assure le continuum entre la recherche et les soins, et permet aux patients de bénéficier plus rapidement des innovations diagnostiques et thérapeutiques.   Elle consiste, soit à approfondir une découverte  en recherche fondamentale pour développer des applications cliniques, soit à explorer les voies biologiques associées à partir d’une observation clinique.


État des lieux

- La recherche se déroule classiquement en quatre phases allant de la recherche en laboratoire (phase I) à la phase de transfert ou « translationnelle » (phase II), puis à la recherche clinique (phase III) et, enfin, à la recherche épidémiologique (phase IV).
- Ce cheminement linéaire doit évoluer.
- La recherche translationnelle doit trouver « un nouveau fonctionnement4, circulaire et non plus linéaire chaque entité, laboratoire de recherche, recherche clinique, recherche épidémiologique et essais cliniques doit échanger l’une avec l’autre au lieu de se succéder afin d’éviter les segmentations et s’enrichir mutuellement ».

Enjeux

- La recherche translationnelle permet de développer des marqueurs correspondant spécifiquement aux modes d’action étudiés, et d’accéder aux patients dès que possible afin de valider l’hypothèse de recherche.
- Elle facilite la mise en place d’essais exploratoires chez les malades avec des protocoles évolutifs de manière à limiter les échecs de développement.
- Elle favorise la formulation des modes de délivrance de médicaments lors des essais cliniques notamment pour les maladies chroniques (diabète, hypertension).

Que font les industriels?

- Ils reconnaissent l’importance de la recherche translationnelle pour accélérer le développement de nouveaux traitements au plus près des patients et cherchent à mutualiser les expertises académiques et industrielles pour définir les meilleurs protocoles d’essais cliniques.
- Ils s’inscrivent dans une logique de collaboration, en signant des accords, notamment avec les centres de lutte contre le cancer, pour caractériser cliniquement certains cancers à croissance rapide, comme le mélanome, ou bénéficier d’une plateforme de modèles précliniques représentatifs des tumeurs observées chez les patients, afin de déterminer dans quel sous-type de cancer un médicament se révèlera le plus efficace.
- Ils préconisent des formations spécifiques afin d’organiser les passerelles entre savoirs fondamental et clinique.
 
(1) Source : INCa Rapport scientifique 2013
(2) Ibid.cité
(3) Ibid.cité
(4) Elias Zerhouni au Collège de France. « Les grandes tendances de l’innovation biomédicale au XXIe siècle. Chaire d’innovation technologique. Extrait de la leçon 6