Typologie

Risque-t-on de connaître des pénuries de médicaments ?

La période récente a été marquée par des problèmes d’approvisionnement de médicaments, qualifiés parfois — et de manière impropre — de « pénuries ».   Attentifs à la sécurité sanitaire des patients, les industriels portent une attention toute particulière à cette question et travaillent avec les pouvoirs publics et les autres professions de santé afin d’apporter aux malades les médicaments qui leur sont nécessaires, et d’assurer la continuité de leurs traitements.


État des lieux

- Les « ruptures » sont largement la conséquence de facteurs économiques mondiaux. Elles conduisent soit à une rupture de disponibilité des médicaments chez le fabricant — on parle alors de rupture de stock, soit à une rupture dans la chaîne d’approvisionnement rendant momentanément impossible la délivrance du médicament au patient par son pharmacien — il s’agit ici d’une rupture d’approvisionnement6.
- La rupture de stock a de multiples origines, dont la production et l’approvisionnement en matières premières, notamment en raison de l’externalisation massive de la production7 des matières premières à usage pharmaceutique. On estime aujourd’hui qu’entre 60 et 80 % des matières premières8 sont fabriquées hors de l’Union européenne. Cette proportion était de 20 % il y a trente ans.
- La rupture d’approvisionnement découle d’une défaillance d’un ou de plusieurs maillons de la chaîne de distribution, que ce soient les fabricants, les dépositaires, les grossistes répartiteurs ou les centrales d’achats de médicaments.

Que font les industriels ?

- Ils prévoient des stocks stratégiques de matières premières et de produits chimiques indispensables.
- Ils organisent aussi, dans la mesure du possible, un double approvisionnement avec une usine en charge du back-up, en cas de problème.
- Ils mettent en place un plan de gestion des pénuries construit sur une analyse des risques pesant sur leur portefeuille de médicaments, en privilégiant les médicaments essentiels, par exemple, des anticancéreux plutôt que des sirops pour la toux (qui ne mettent pas en
jeu le pronostic vital en cas de pénurie)
 
(1) Chiffres publiés par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ils prennent en compte les ruptures d’un médicament donné. Si l’on utilise comme indicateur le nombre de dossiers ouverts à l’ANSM, le nombre de ruptures se monte à 467, car plusieurs dossiers peuvent être ouverts sur le même médicament
(2-3-4) Ibid.cité
(5) Académie nationale de pharmacie. Séance du 20 mars 2013
(6) « La rupture d’approvisionnement d’un médicament est définie comme une incapacité pour une pharmacie d’officine ou une pharmacie à usage intérieur (PUI) d’un établissement (de santé ou médico-social) à dispenser un médicament à un patient dans un délai de 72 heures »
(7) Selon l’EMA (Agence européenne du médicament), la Chine produit 52,9 % des principes actifs pharmaceutiques, l’Inde 22,2 %, Israël 17,7 %
(8) Rapport IGAS. Septembre 2013