Développement

Vallée de la mort : comment la franchir ?

La question cruciale pour les sociétés de biotechnologies santé est de savoir traverser sans périr la redoutable « vallée de la mort », qui sépare l'idée et la découverte d’une nouvelle entité thérapeutique des essais cliniques démontrant l'efficacité et la sécurité du produit.   C’est un défi permanent auquel sont particulièrement confrontés les entrepreneurs de biotechnologies santé, car la première preuve de concept (efficacité et sécurité) nécessite des investissements lourds sur trois à cinq ans avant de passer aux études cliniques à grande échelle.


État des lieux

- La période pendant laquelle une jeune entreprise de biotechnologies santé est en phase de développement de son idée, tout en étant à la recherche de financement pour assurer la mise au point de sa molécule et /ou de sa technologie, est une étape de grande fragilité financière.
- Les dépenses à engager en termes de R&D, de ressources humaines ou encore de stratégie sont rarement contrebalancées par du chiffre d'affaires.
- Cette phase de déséquilibre porte le surnom évocateur de « vallée de la mort » tant elle constitue une étape très difficile en raison de la multiplicité des obstacles à franchir.

Enjeux

- Les phases de développement précoces (dites « early stage ») sont traditionnellement financées par les business angels, les fonds d’amorçage ou l’entourage des entrepreneurs.
- Si, dans le domaine du web ou du software, ces fonds peuvent suffire (ou presque) à couvrir une partie des dépenses engagées, cela s’avère quasi-impossible dans l’industrie des biotechnologies : ils ne peuvent couvrir que le franchissement de la première « vallée de la mort ».
- Les entreprises en phase d’amorçage ne constituent pas une cible prioritaire pour les capital-risqueurs, qui considèrent que les besoins financiers et le risque associé à ces entreprises (pas encore de preuve de concept) ne font pas partie de leur modèle d’affaires. Les investisseurs privés préfèrent se positionner un peu en aval de cette phase, pour aider l’entreprise à franchir la deuxième « vallée de la mort ».

Que font les entrepreneurs de biotechnologies ?

- Ils peuvent compter sur un fort soutien public à la création, qui s'élargit au fur et à mesure auxinvestisseursprivés. En 2012, Bpifrance a financé des projets innovants sous forme de subventions et d’avances remboursables pour un montant de 395 millions d’euros3, dont plus de 23 % dans le domaine de la santé.
- Ils peuvent bénéficier du statut de la Jeune entreprise innovante (JEI) : en 2010, 160 entreprises4 du secteur des biotechnologies émargeaient à ce statut fiscal.
- Ils peuvent, depuis le 1er janvier 2014, étendre l’assiette du Crédit impôt recherche (CIR) aux dépenses liées à des opérations de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits via le Crédit d’impôt innovation (CII).
 

Explication

Incubateur « Allègre » : nés de la loi sur l’Innovation et la Recherche du 12 juillet 1999, ils proposent un accompagnement d’une durée de vingt-quatre mois pendant lesquels le projet va pouvoir émerger dans les meilleures conditions.
 

(1) « Premier observatoire des biotechnologies santé ». Leem. 2012
(2) Observatoire des engagements et actions du gouvernement au service de l’innovation et de la croissance. Comité Richelieu et Global Approach Consulting. 2013
(3) Rapport annuel OSEO, 2012
(4) Rapport d’évaluation. « Les dispositifs de soutien à la création d’entreprises ». Cour des comptes. 2012