Falsifications de médicaments : 10 % du marché mondial

La proportion de médicaments falsifiés atteint une bonne moitié des médicaments dans certains pays en voie de développement, notamment pour les traitements contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida. Avec des dizaines de milliers de morts à la clé chaque année.
Parmi les pays développés, les moins réglementés sont visés par ces trafics, comme les Etats-Unis ou, en Europe, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Y sont surtout concernés les médicaments les plus coûteux et les moins bien pris en charge, tels les produits contre les dysfonctionnements érectiles, les hormones (stéroïdes anabolisants, EPO…), les corticoïdes, mais aussi les antihistaminiques.
La contrefaçon peut aller d’un défaut d’étiquetage à l’absence de principe actif ou à la présence d’impuretés, voire de substances toxiques, dans le produit. A ne pas confondre, donc, avec les médicaments génériques qui sont, eux, de vrais médicaments dûment autorisés.

La France protégée par sa réglementation

Environ 881 000 boîtes de médicaments falsifiés ont été saisies dans notre pays en 2008, contre 594 000 en 2006 et 16 600 en 2005 essentiellement dans les ports et aéroports. La France est essentiellement un pays de transit, et non une destination.
L’Hexagone apparaît donc préservé, d’abord en raison de notre bonne couverture d’assurance maladie et de prix relativement modérés hors ordonnance. Les patients ne ressentent donc pas le besoin de se fournir en dehors d’une pharmacie.
De plus, le marché officiel du médicament est extrêmement réglementé en France. Les distributeurs sont dans l’obligation de se fournir auprès des fabricants et des grossistes agréés par l’Etat et inspectés régulièrement par les services compétents.
En France, depuis 2011, le code barres à 7 chiffres (code CIP) des médicaments est passé à la codification à 13 chiffres (codes DataMatrix), incluant le numéro de lot, d'AMM et la date de péremption, d’où une meilleure traçabilité.

L’industrie pharmaceutique se rapproche des autorités publiques

Les industriels du médicament mettent également en place des dispositifs d’identification des produits de type hologramme ou marqueurs chimiques, afin de faciliter la détection de médicaments falsifiés. L’un d’eux a même déjà créé son propre laboratoire de contrôle. Le Leem, qui représente les entreprises du médicament opérant en France, a signé en juin 2010 un accord avec les Douanes afin de renforcer la lutte opérationnelle anti-contrefaçon : renforcement d’un observatoire des médicaments à la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières, recrutement d'un pharmacien inspecteur, échanges d’informations avec les industriels, accroissement des capacités de détection des commandes internet et des contrôles de conteneurs…
Le Leem entretient des liens de coopération étroits avec les diverses autorités en charge de la lutte contre la falsification de médicaments comme l'OCLAESP et l'Afssaps, notamment à travers l'activité de son Comité anti-contrefaçon.

Internet : un médicament sur deux falsifié

En effet, les saisies de médicaments dans les colis postaux ou le fret express étaient en augmentation de 70 % en 2010 par rapport à 2007. Il faut donc particulièrement éviter les achats en ligne de médicaments, le parlement européen estimant qu’un produit sur deux est une contrefaçon sur le net, contre 1 % à l’intérieur des circuits officiels. Toujours interdite en France, la vente en ligne commence à s’organiser légalement dans certains pays européens (voir aussi notre fiche Internet). Elle reste à ce jour essentiellement « sauvage ». L’OMS ayant constaté que l’on ne pouvait absolument pas reconnaître selon son apparence un médicament falsifié bien réalisé, il vous est impossible de vous assurer de la qualité du produit reçu.
Le Leem participe activement à l'effort collectif de coopération avec les acteurs de l'internet par le biais notamment de Chartes Internet et a déployé des mesures de sensibilisation du public sur les dangers que présente l'achat de médicament à distance.

La mort derrière la contrefaçon

- Pays en développement : 200 000 décès annuels seraient évitables si tous les malades y étaient soignés avec de vrais antipaludéens.
- Niger : 2 500 morts de la méningite en 1995. 80 000 personnes avait été vaccinées avec un produit inactif.
- Nigéria : 40 patients décédés en 2008 après avoir bu un sirop contre la toux contenant de l’antigel. 84 enfants morts en 2009 après absorption de paracétamol frelaté.
- Haïti : 89 décès dans les mêmes conditions en 1995.
- Etats-Unis : 66 morts en 2001-2002 suite à la consommation d’antibiotiques défectueux.