Internet : pas de vente de médicaments dans l’attente d’un label français

En 2010, une quinzaine de pays européens avaient légalisé la vente de médicaments sur Internet*, pas la France. En effet, depuis une jurisprudence de la Cour de justice européenne de 2003 (arrêt dit « DocMorris »), l’Europe considère qu’un Etat ne peut interdire aux pharmacies la vente en ligne de médicaments non soumis à une ordonnance. Seulement, les officines françaises sont soumises à des contraintes réglementaires en matière de publicité… Or, l’Ordre des pharmaciens a considéré jusqu’ici Internet comme une vitrine publicitaire.

Vente online interdite en France

Pas de vente de médicaments en ligne, donc. Les pharmaciens français peuvent avoir leur propre site Internet en prolongement de l’officine, mais essentiellement à titre d’information santé et d’échanges. L’Ordre estime que des médicaments à prescription facultative peuvent juste y être présentés « sous forme de liste exhaustive et alphabétique, sans tri, notamment par classe thérapeutique, sans information ni photo sur le médicament et sans aucun lien avec les laboratoires exploitant ces spécialités ».
Les sites web de vente de médicaments en langue française visibles à ce jour sont en fait des sites illégaux usurpant l’appellation « pharmacie ». Vous trouverez également des sites abusant de ce terme ainsi que du symbole de la croix verte, alors qu’ils ne vendent en fait que des produits de parapharmacie.

Un médicament sur deux vendu en ligne est une contrefaçon

L’Ordre a demandé une législation précise au gouvernement et travaille sur un projet de portail officiel qui regrouperait les sites labellisés de pharmacies bien réelles, comme c’est le cas en Allemagne.
En attendant, la prudence s’impose : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu’un médicament sur deux vendu sur la toile est une contrefaçon (voir notre fiche Contrefaçon). Or il est impossible de reconnaître à l’œil une contrefaçon bien faite, estime l’OMS. Comme il est impossible pour vous de vérifier que la photo de la personne en blouse blanche figurant sur tel site est bien un pharmacien…
Quant à un supposé avantage en matière de prix, il est nul dans l’Hexagone où les prix sont plus bas que chez nos voisins européens.

Pour plus d'information, consultez notre dossier sur la "Contrefaçon de médicaments".

Information santé : une jungle où le meilleur côtoie le pire

Le principe du label a été repris pour les sites d’information santé par la fondation suisse indépendante « Health One the Net », qui collabore avec l’OMS. Elle a créé le « HONcode », qui labellise un site en fonction du respect d’une charte de qualité (voir www.hon.ch), mais l’acquérir reste une démarche volontaire du site. Ainsi, certains sites web très sérieux n’en sont pas dotés.
Là encore, la prudence de l’internaute est donc de mise, même si vérifier la fiabilité de l’information diffusée est une tâche malaisée. A cet égard, les forums, blogs et autres réseaux sociaux sont à utiliser avec précaution s’agissant de médicaments. D’autant que le principe du marketing viral s’est répandu. Cette pratique consistant à payer des internautes pour diffuser une information téléguidée.
Le plus sûr reste à ce jour de recouper les informations avec ce qui est dit sur des sites institutionnels, hospitaliers par exemple, ou sur des sites grands publics déjà réputés pour leur sérieux.

* - Vente en ligne autorisée en ville pour les médicaments à prescription médicale facultative (PMF) : Irlande, Espagne, Belgique, Italie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Finlande.
- Pour tous les médicaments, si site adossé à une pharmacie physique : Allemagne, Danemark, Portugal, Suède,
- Pour tous les médicaments : Royaume-Uni, Pays-Bas.
- Médicament sur ordonnance uniquement : Suisse.