Les grandes découvertes du médicament

Du « magico-religieux » à la molécule

Jusqu’au début du XIXe siècle, la guérison des maladies garde un caractère « magico-religieux ». L’usage des saignées a souvent pour vocation « d’extirper le mal » hors du cops des malades. Même si, dès le XVIe siècle, Paracelse évoque la nécessité de trouver un médicament spécifique pour chaque maladie.
Au XIXe siècle, les progrès de la chimie et de la physiologie vont faire entrer la médecine dans l’ère du médicament de synthèse. C’est en effet à cette époque que les chercheurs réussissent à isoler des principes actifs de substances connues. En 1803, la morphine est isolée à partir de végétaux par Friedrich Adam Satümer. Par la suite, après avoir isolé l’acide acétylsalicylique de l’écorce de saule, Charles Frederich Gerhardt, puis Félix Hoffmann vont synthétiser cette molécule et donner naissance à l’aspirine, commercialisée en 1893.
Le XIXe siècle marque également l’avènement de la vaccination moderne élaborée à base de germes atténués. Les travaux de Pasteur, père du premier vaccin antibactérien contre l’anthrax et du vaccin contre la rage, mettent fin à la pratique, risquée, de l’inoculation de germes actifs développée à grande échelle par l’anglais Jenner en  1798. Par la suite, à elle seule, la vaccination a fait reculer une vingtaine de maladies et a permis d’éradiquer la variole en 1978.

L’ère moderne et l’avènement des antibiotiques

L’ère moderne du médicament débute en 1937 avec la découverte de l’action antibactérienne des sulfamides. En 1947, Flemming découvre la pénicilline. C’est alors que la recherche s’accélère. Les découvertes de médicaments (antibiotiques, anticancéreux, antirétroviraux, statines…) se succèdent et permettent de lutter contre les maladies en contribuant à l’augmentation de l’espérance de vie.
La mobilisation sans relâche des entreprises du médicament dans la lutte contre le VIH, illustre parfaitement ce dynamisme. Depuis la découverte du virus en 1983, les progrès de la recherche ont été continuels (AZT en 1987, Bithérapies en 1992, Anti-protéases en 1996). Environ 90 médicaments sont sur le marché (dont 20 antirétroviraux) et plus d’une centaine d’essais cliniques sont en cours dans le monde (dont 60 pour tester 30 candidats vaccins). Désormais, grâce aux trithérapies, l’espérance de vie des patients infectés a augmenté de 13 ans et la mortalité a reculé de 40 %. Le Sida s’est transformé en pathologie chronique avec laquelle il est devenu possible de vivre.

L’ère post-génomique ou la naissance des bio-médicaments

Aujourd’hui, le progrès reste très significatif dans le domaine de la cancérologie et de l’hématologie, avec notamment des innovations dans le traitement des cancers fréquents (poumon et colon) et dans certains cancers rares (tumeurs malignes du tube digestif). Les traitements spécifiquement destinés aux pathologies des enfants et des adolescents permettent désormais d’apporter une réponse thérapeutique adaptée aux plus jeunes. La mise à disposition de cinq vaccins contre des maladies graves, comme la méningite et l’encéphalite japonaise a apporté des outils de prévention majeurs.
La découverte du génome humain ouvre de nouvelles perspectives. Des milliers de gènes (26 000 pour le génome humain) ont été identifiés. Ces protéines sont susceptibles de produire des effets particuliers sur des mécanismes qui intéressent la recherche. Actuellement, 160 bio-médicaments sont disponibles et plus de 400 sont en développement clinique au niveau mondial. Nous entrons dans l’ère du médicament intelligent, du médicament personnalisé, capable d’agir de manière sélective. Dirigé directement sur sa cible, il est de plus en  plus efficace, de moins en moins toxique et évite l’apparition de résistances.