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Le Leem appelle tous les acteurs des essais cliniques à renforcer la place de la France dans la recherche de demain

  • 28 02 17

8ème enquête "Attractivité de la France pour la recherche clinique internationale"

La 8ème enquête (1)  "Attractivité de la France pour la recherche clinique internationale", réalisée par le Leem, dresse un état des lieux de la recherche menée par l’industrie pharmaceutique sur le sol français entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2015. Cette enquête est mise à jour tous les deux ans depuis 2002, selon la même méthodologie. Elle permet de situer la France dans la compétition internationale et d’en apprécier les atouts et les domaines d’excellence. Elle fait aussi ressortir les marges possibles de progrès et les tendances qui se dessinent au moment où l’environnement réglementaire français et européen évolue.

La France continue de compter parmi les grands acteurs de la recherche clinique mondiale avec 10 % des études internationales réalisées en France (2) . Les patients français représentent 8,8 % du nombre total de patients inclus dans les études internationales recensées dans l’enquête 2016 du Leem, contre 5,9 % en 2014. Cette augmentation est en partie due au plus grand nombre d’études cliniques de phases III et IV menées en France, qui incluent par définition plus de patients.

Cette stabilité ne doit pas conduire à relâcher les efforts des acteurs engagés dans la recherche clinique en France. Compte-tenu de l’importance de la recherche clinique dans la mise au point de médicaments innovants et de l’intensité de la compétition internationale, la position de la France doit être renforcée.

Or, certains clignotants passent à l’orange : « délais de mise en place des essais encore trop longs en dépit de l’adoption de la convention unique, recul de certaines aires thérapeutiques en France, diminution du nombre d’essais de phase précoce, moindre représentativité de la France dans les études cliniques réalisées en Europe, forte concurrence des pays de l’Europe de l’Est… le Leem appelle tous les acteurs de la recherche tant publique que privée à se mobiliser pour renforcer, fluidifier et valoriser la recherche clinique dans son rôle pivot dans l’innovation thérapeutique de demain », indique Jérôme Bouyer, Président de la Commission des affaires scientifiques du Leem.

 

La France dispose de tous les atouts pour mener une recherche clinique de qualité, mais enregistre une baisse des études de phase précoce dans les domaines thérapeutiques autres que l’onco-hématologie

16 622 patients ont été recrutés dans les essais cliniques menés par les 30 industriels ayant participé à l’édition 2016 de l’enquête du Leem (contre 14 634 en 2014), soit une augmentation de 14 %.

Les études de phase précoce (phase I) représentent 17 % des études (versus 20 % en 2014) et ont été réalisées principalement en onco-hématologie. Les études de phases III/IV représentent 56 % des études versus 63 % en 2014.

La dynamique de la filière de la recherche clinique en onco-hématologie, avec sa concentration des études sur la phase précoce apparaît comme l’un des leviers-clé de l’attractivité de la France pour la recherche clinique internationale.

Les chiffres : répartition des études par aire thérapeutique

- L’analyse de 507 études réalisées en France par les industriels montre que la part de l’onco-hématologie s’est accrue, passant de 41 % en 2014 à 45 % en 2016.
- Sur les 87 études de phase I recensées en 2016, 90 % ont été réalisées en onco-hématologie contre 61 % en 2014 (sur 116 études).
- Les pourcentages d’études menées dans le domaine de l’infectiologie (13 % toutes phases confondues) et dans le domaine des maladies rares (5 % toutes phases confondues) restent significatifs, consolidant la position de la France dans ces aires thérapeutiques.
- Les aires thérapeutiques cardiovasculaire/métabolisme/diabète et l’immuno-inflammation se stabilisent en 2016, représentant respectivement 12 % et 7 % des études (versus 9 % et 8 % en 2014).
- En revanche, les études en neurologie/psychiatrie éprouvent beaucoup plus de difficultés à recruter des patients et ne représentent que 2 % des études de phase I contre 11 % en 2014 avec une diminution significative du nombre d’études toutes phases confondues qui passe de 10% en 2014 à 6 % en 2016

 

La France doit encore s’améliorer, notamment sur les délais de mise en place des études cliniques.

Avec le nouvel environnement législatif mis en place depuis l’enquête 2014 (entrée en vigueur de la loi Jardé, convention unique et anticipation de la mise en place du nouveau règlement européen prévoyant des délais d’évaluation et d’autorisation administrative ne pouvant excéder 60 jours, prévu à l’automne 2018), la France a pris des mesures pour réduire les délais de démarrage des essais tout en maintenant un haut niveau de sécurité pour les patients.
L’enquête montre que ce délai n’est pas respecté pour près de la moitié des essais cliniques proposés à la France.

 

Les chiffres : délais de mise en place d’un essai clinique

- Le délai médian entre la soumission du dossier de recherche clinique à l’ANSM et son autorisation est passé de 55 jours en 2014 à 57 jours en 2016,
- Le délai médian de rendu d’un avis par les Comités de protection des personnes (CPP) demeure de 62 jours comme en 2014.

 

La France reste encore pénalisée par la longueur des délais avant le démarrage de l’essai. Faute de moyens accordés à l’ANSM comme aux CPP, les délais administratifs risquent encore de s’allonger, d’autant plus que l’ANSM se voit confier, aux termes de la loi Jardé, de nouvelles tâches d’évaluation méthodologique. De plus, la désignation des CPP par tirage au sort tel que prévu par la Loi Jardé suscite les plus grandes réserves : en effet, ce tirage au sort implique que tous les CPP soient en mesure d’expertiser l’ensemble des protocoles de recherche dans toutes les pathologies. Or, l’enquête 2016 montre que 50 % des études cliniques sont évaluées par 9 des 40 CPP.

 

La France améliore sa position sur l’ensemble des indicateurs de performance dans la réalisation des études entre 2014 et 2016 mais doit accélérer ses efforts dans une compétition internationale accrue

Dans un contexte général d’amélioration de la performance de la recherche clinique au niveau international, la France fait globalement mieux que ses voisins immédiats en nombre moyen de patients tant par étude que par centre et en vitesse de recrutement.

L’Europe de l’Ouest doit cependant faire face à la forte concurrence de l’Europe de l’Est, déjà importante dans les enquêtes de 2012 et 2014.

 

Les chiffres : indicateurs de performance dans la réalisation des études

- Le nombre moyen de patients par étude en France passe de 23 à 34, dans pratiquement la même proportion que l’Espagne qui passe de 29 à 43, le Royaume-Uni passe de 29 à 27, l’Italie de 27 à 29. L’Allemagne et l’Europe de l’Est restent en tête pour l’Europe (49 patients par étude contre 38 et 42, respectivement en 2014).
- Le nombre moyen de patients en France par étude et par centre est de 5,8. La France devance le Royaume-Uni (3,9), l’Allemagne (4,1), l’Italie (4,6), l’Espagne (5,2), les Etats-Unis (4,7) mais non l’Europe de l’Est (6,2).
- La vitesse moyenne de recrutement en France  par étude est de 2,6 patients par centre et par mois en 2016, loin devant le Royaume-Uni (0,9), l’Espagne (1,5), l’Europe de l’Est (1,5), l’Allemagne (1,4) et l’Italie (1,6) et les Etats-Unis (0,8).
- La proportion de patients recrutés en Europe de l’Est rapportée au nombre total de patients recrutés dans les essais impliquant la France, est de 21 % en 2016 contre 22 % en 2014, une stabilité qui confirme l’importance de l’Europe de l’Est dans la compétition pour les études cliniques.
Les 5 propositions du Leem pour renforcer la place de la France
dans la recherche clinique mondiale
- Réduire les délais de mise en place des essais cliniques : donner les moyens humains, techniques et financiers de leur mission à l’ANSM et aux CPP afin de leur permettre de répondre aux évolutions réglementaires
- Faciliter la diversification de la recherche clinique : structurer la recherche en médecine de ville et dans les réseaux ville/hôpital,  favoriser la recherche post-AMM par la mise en place de dispositifs incitatifs auprès de professionnels de santé médicaux et paramédicaux, développer la structuration de filières de recherche clinique au-delà de l’oncohématologie 
- Renforcer la formation en recherche clinique : adapter la formation initiale et continue des professionnels de santé
- Impliquer et mobiliser davantage les patients : concevoir une plateforme d’information  pour expliquer la recherche clinique et les possibilités pour les patients d’y participer
- Rendre plus visible l’organisation de la recherche clinique de la France à l’international : cartographier l’offre de centres investigateurs, les instances de pilotage, les essais en cours
"L’attractivité de la France en matière de recherche clinique doit devenir un enjeu prioritaire pour le pays", selon Patrick Errard, président du Leem. "Pour les patients, car l’accès rapide à l’innovation, y compris à des stades précoces de développement, est crucial. Mais aussi pour la vitalité de notre économie, car les pays à fort potentiel de recherche clinique auront un atout indéniable pour constituer les grands pôles industriels de demain. Pour y parvenir, il faut des priorités de santé publique clairement identifiées à l’image des plans cancer et maladies rares. Nous souhaitons  nouer un dialogue constructif avec le prochain gouvernement sur le sujet de la recherche clinique pour renforcer l’attractivité de la France et améliorer le continuum recherche-innovation-soins."

(1)  La 8ème enquête du Leem a été établie en 2016, grâce aux réponses de 30 entreprises du médicament représentant 62 % des parts du marché français du médicament.
 (2) Etudes interventionnelles à promotion industrielle enregistrées sur le site www.clinicaltrials.gov sur la période 2014-2015.

 

L’étude est disponible en téléchargement sur www.leem.org